Quand tout s’effondre… que fait-on du lien ?

On parle beaucoup de construction.
De créer du lien.
De tisser du collectif.
Mais on parle moins de ce qui suit parfois : la cassure.

Un désaccord qui dégénère.
Un mot de trop.
Une divergence de vision.
Un départ brutal.

Parce qu’à Pourgues, comme ailleurs, tout ne se passe pas dans la lumière des grandes idées.
Il y a aussi l’ombre.
Les non-dits.
Les tensions.
Les départs.

Et parfois, ce ne sont pas des “gens de passage” qui s’en vont.
Ce sont des personnes qu’on a aimées.
Avec qui on a bâti des choses.
Vécu des joies, traversé des galères.
Des personnes qui ont mis leurs tripes dans le projet, et qui un jour… claquent la porte. Ou glissent lentement hors du cercle.

Dans ces moments-là, le lien est mis à l’épreuve.
Est-ce qu’on coupe tout ?
Est-ce qu’on reste fâchés ?
Est-ce qu’on garde une place pour l’autre, même quand il n’est plus là ?
Même quand ça fait mal ?

À Pourgues, on ne prétend pas avoir trouvé la recette.
Mais on tente.
De réparer quand c’est possible.
De ne pas diaboliser.
De laisser la porte entrouverte.
Même si on a besoin de distance.

Parce que dans un collectif, ce n’est pas seulement ce qu’on crée ensemble qui compte.
C’est aussi ce qu’on fait quand ça ne marche plus.
Et parfois, garder un lien – même ténu, même fragile – c’est l’acte le plus politique et le plus humain qu’on puisse poser.
Un pont au-dessus du ravin.
Un fil tendu entre deux mondes.

Alors oui, on apprend à vivre ensemble.
Mais on apprend aussi à se séparer autrement.
Sans violence. Sans oubli.
Avec ce qu’il faut de courage pour dire :

"Je ne suis plus avec toi, mais je ne suis pas contre toi."

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Yohan Sancerni

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Fuir le monde ? Ou le réinventer ?